LES SOPRANO : saga, opéra, mafia…

22 Juin

Tony Soprano, quadragénaire en proie à une crise existentielle, décide de consulter un thérapeute.

Toutefois, cette démarche doit rester secrète, car ce dernier est l’un des pontes de la pègre du New Jersey…

Ainsi commence l’une des plus grandes séries jamais produites, car brillamment écrite, sombre, politiquement incorrecte, cynique et violente à souhait.

Ici, nous avons à faire à des êtres abjects, au physique ingrat et au quotient intellectuel limité, qui passent leur temps à mentir (aux autres comme à eux-mêmes), dissimulant leur lâcheté derrière le respect (tout relatif) d’une hiérarchie féodale.

Pourtant, si la série de David Chase n’hésite pas à jouer la symphonie des armes à feu, celle-ci, contrairement à la saga cinématographique de Coppola (Shakespearienne à souhait), se concentre sur la famille (personnelle comme professionnelle).

Les héros (?) des SOPRANO, avant d’être des employés de l’organisation du crime, sont avant tout des hommes, seuls bien qu’accompagnés.

A l’image de Tony, mari infidèle mais père aimant, bien qu’absent, qui a du mal à cacher à ses enfants la véritable nature de ses activités, ironiquement masquées sous l’appellation de traitement des déchets…

 Contre toute attente, la place accordée aux femmes dans la série est tout sauf anodine.

 Celles-ci (qu’elles soient épouses, mères, filles, sœurs ou maîtresses), sont le point faible des personnages et mentent aussi bien (sinon mieux) que ces derniers, fermant les yeux sur les agissements de leurs mafieux… ou jouant les taupes pour le FBI.

Sans parler du Dr. Melfi, partagée entre attirance et répulsion, qui brise le secret médical en parlant à son entourage de ses séances avec le chef du clan Soprano…

Plus gros succès du câble américain, LES SOPRANO ont connu 6 saisons sur HBO, produites et diffusées sur une décennie, en raison des doutes récurrents du créateur de la série sur sa capacité à se renouveler et des prétentions salariales de certains acteurs gourmands.

La série a tiré sa révérence sur un final scandaleusement audacieux et générateur de frustration, allant à l’encontre des fantasmes générés par les classiques hollywoodiens.

Un ultime pied de nez pour mieux s’affranchir du PARRAIN ?

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