BROTHERHOOD : Abel & Caïn sur la colline…

4 Jan

La Colline est un quartier irlandais de Providence qui voit soudainement revenir Michael Caffee, qui baigne depuis toujours dans des affaires louches, après de longues années d’absence. 

Un retour qui déplaît à la pègre, intrigue les autorités locales et gêne son frère cadet, Tommy, dans son ascension politique… 

Bien que traitant aussi du crime organisé de Rhodes Island, la série traite avant tout du rapport fraternel de deux hommes que des choix de vie ont séparé, alors qu’ils ont bien plus en commun qu’une famille, comme en témoigne leur soif de pouvoir. 

Là où LES SOPRANO insistaient sur le quotidien de mafieux, BROTHERHOOD s’attarde plus sur les rapports incestueux entre la politique et le milieu. 

Ainsi, Tommy Caffe, n’en finit pas de se salir les mains pour gravir les échelons que ses finances seules ne lui permettent pas de conquérir, car cet ancien idéaliste convaincu, las de n’être qu’un second couteau, a bien compris qu’il lui faut en passer par là s’il ne veut pas finir en naïf vaincu. 

Le retour du fils prodigue le place devant un miroir dont il ne supporte pas le reflet, d’autant que sa (toute) relative réussite ne suffit pas à lui octroyer les faveurs d’une mère aussi forte qu’ambiguë. 

Point de figuration ici, tous les personnages ont leur importance et leurs actes sont toujours une réponse à ceux des frères. 

De l’ami d’enfance désabusé qui noie dans l’alcool sa frustration de ne pas être un bon flic, à la femme délaissée du député, qui cherche à s’oublier dans les bras de son amant, comme dans les volutes de  marijuana. 

Contrairement à la saga de David Chase, il est beaucoup question de rédemption dans BROTHERHOOD et les références bibliques pullulent  (Abel et Caïn,  titres originaux des épisodes des saisons 1 et 2) jusqu’à la ville elle-même, nouvelle Babylone gangrénée par des plaies telles que le chômage et la violence ! 

Après 3 saisons aux scores confidentiels, Showtime mit un terme à la production de cette fiction qui dérouta le public par son rythme lent, sa violence froide et réaliste et sa noirceur absolue. 

Seul bémol, le cliffhanger de la saison 1.

Injustement méconnue, BROTHERHOOD est considérée à tort comme un sous-SOPRANO, alors qu’elle en est la digne héritière !

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