Non, Mark Schwahn n’est pas le Charles Dickens de la télévision…

De passage à Paris, pour la promotion du coffret DVD de sa série LES FRERES SCOTT, Mark Schwahn s’est vanté d’avoir été le premier à faire faire un bond dans le temps aux héros d’une série.
Si ONE TREE HILL a bien vu ses protagonistes effectuer un bond de 4 ans (entre ses saisons 4 et 5) avant les navrantes mémères de DESPERATE HOUSEWIVES, le créateur du basket soap semble oublier que les téléspectateurs de DAWSON ont assisté, en 2003, à un series finale censé se dérouler 5 ans après l’épisode précédent.
La même année, l’héroîne d’ALIAS découvrait dans le premier épisode de la saison 3, qu’elle avait perdu 2 années de sa vie et 24 présente régulièrement des événements censés se dérouler plusieurs mois après ceux des saisons précédentes…
Cette "astuce" scénaristique n’est jamais qu’une variante des procédés narratifs que constituent les flash-backs et flash-forwards, dont abuse LOST depuis 5 ans, mais présents dans les séries depuis la création du genre !
En effet, un épisode de DINGUE DE TOI vieux de 10 ans s’ouvre et se referme sur la fille du couple Buchman découvrant, le jour de ses 18 ans, une vidéo tournée à son attention par Paul et Jamie et sujet de l’histoire en question, alors que le bébé n’a que 2 ans à la fin de la série.
Le vrai créateur de cet effet de narration est certainement Charles Dickens, qui en 1843, écrivit UN CHANT DE NOEL, ouvrage dans lequel un vieil égocentrique reçoit la visite des fantômes de chaque Noël passés, présents et à venir afin de lui ouvrir les yeux… et le coeur.
Une histoire qui inspirera des productions des années 80 et 90 telles que CODE QUANTUM, XENA LA GUERRIERE et même DALLAS, sans parler du cinéma, avec Franck Capra (LA VIE EST BELLE).
Au même titre que Thierry Ardisson, persuadé à tort d’avoir inventé le talk-show, Mark Schwahn n’a pas révolutionné l’univers de la télévision et n’a fait que recycler ce que ses pairs ont fait bien avant lui.
Certes, LES FRERES SCOTT est une série sympathique et l’application de ce procédé a probablement sauvé la fiction, mais la meilleure et la plus belle utilisation jamais faite de celui-ci restera la dernière séquence de l’ultime épisode de SIX FEET UNDER !
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