MINUIT, LE SOIR : le talent francophone existe… outre Atlantique !

20 Oct

Personne n’aurait cru pouvoir qualifier de chef d’œuvre, une série centrée sur le quotidien de 3 videurs de nuit de Montréal et pourtant, force est de constater que MINUIT, LE SOIR est un de ces bijoux qui rendent un sériephile fier de sa passion !

La série est difficile, parfois violente, à l’image de la vie, dont elle est le reflet sans concession, mais elle n’en est pas moins tendre et parfois drôle.

Les héros de cette production ont tous une fêlure qui les empêche de goûter au bonheur auquel ils aspirent.

De Gaétan, vieil homme illettré qui s’est mis en tête de sauver de la prostitution la femme qu’il aime, à Louis, grand benêt sentimental en mal d’amour, en passant par Marc, ancien marin dont le bonheur est constamment gâchée par la mort, des êtres qu’il approche à la sienne, sur laquelle s’achève la série.

Sans oublier Fanny, la gérante de la discothèque dans laquelle travaillent  les 3 compères , qui souffre d’avoir eu un père lâche et adultérin et dont la révélation de la double vie aura des conséquences dramatiques sur l’entourage de celle-ci !

Cette frustration sentimentale commune est le ciment de l’amitié qui unit ces hommes, dont le fameux rituel de la boule d’amour et des confessions échangées sur un banc, LEUR banc, agit sur eux comme un exutoire et donne lieu aux scènes les plus poignantes, mais aussi, parfois, aux plus cocasses de MINUIT, LE SOIR.

Nos amis s’aventureront pourtant à essayer de suivre une psychothérapie, avec plus ou moins de succès selon les protagonistes…

Durant 3 saisons et 36 épisodes de 22 minutes, nous assistons donc à la descente aux enfers de ces gaillards sur lesquels la vie s’acharne, mais aussi au jeu du chat et de la souris auquel se livrent, bien involontairement Marc et Fanny, pourtant faits l’un pour l’autre, au cœur d’un environnement hostile, fait de mafieux, dealers et autres proxénètes.

Le cynisme ultime vient peut-être du fait que la série devait à l’origine être une comédie, mais  le premier épisode, trop long, a vu toutes ses scènes drôles supprimées, avant que les auteurs, dont Claude Legaut alias Marc, ne décident de faire passer dans celle–ci toutes leurs angoisses de jeunes quadragénaires…

Et c’est ainsi que sans tabou ni vulgarité, des thèmes aussi sulfureux que l’homosexualité, la prostitution, l’analphabétisme ou le meurtre furent traités au travers d’histoires magnifiques servies par des comédiens parfaits, illustrées par une bande sonore, dont les cordes accentuent encore la dramaturgie !

MINUIT, LE SOIR est plus qu’une bonne série, c’est une leçon donnée à tous les producteurs et scénaristes français, puisqu’elle est la preuve qu’une grande série a moins besoin de  moyens que d’audace et de scripts intelligents.

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